Guest star sur Espritblog. Etudiante en 5e année à Sciences Po Rennes,  Caroline Goulard tient un blog Database Journalism où elle partage ses pistes de réflexions sur  le lancement d’un prototype de site d’information orientée journalisme de données. C’est avec plaisir que nous lui avons proposé  de diffuser sur espritblog cet article que nous avons lu avec intérêt.

Avec son Sarkomètre, le Nouvel Obs a mis un pied dans les données structurées. Une avancée incontestable, mais si timide qu’elle souligne finalement l’ampleur du fossé  qui sépare encore la presse traditionnelle de la visualisation de données.

Reprenons. Le 1er février dernier, lenouvelobs.com publiait un tableau récapitulant, pour 113 promesses  formulées par Nicolas Sarkozy pendant la dernière campagne présidentielle, si l’engagement a été tenu, oublié ou engagé.

La base de données constituée par les journalistes comprend également, pour chaque promesse, sa thématique, la déclaration originelle du candidat Sarkozy, et un commentaire de la rédaction du Nouvel Observateur.

Il s’agit effectivement d’une démarche de structuration de données : publier dans un tableau ce qui d’ordinaire est publié par le Nouvel Obs sous forme d’article, de récit, en croisant des indicateurs (thème, promesse, déclaration, réalisation, commentaire) et des variables (les 113 promesses).

Le Nouvel Obs reprend ici la démarche de Politifact, avec son Obameter (The Obameter : Tracking Obama’s Campaign Promises), qui a noté plus de 500 promesses faites par Barack Obama pendant sa dernière campagne selon leur degré de réalisation (Promise Kept, Compromise, Promise Broken, Stalled, In the Works, Not yet rated).

Politifact est un projet de journalisme innovant lancé par Matt Waite au sein du St. Petersburg Time en 2008, pendant la campagne pour les élections présidentielles aux Etats-Unis : le site évaluait la véracité des propos tenus par les hommes politiques sur une échelle allant de « True » à « False » en passant par « Mostly True », « Half True » et « Barely True ».

Revenons d’abord sur le principal bon point du Sarkomètre : il a été publié via Socrata, une plateforme d’hébergement et de publication de bases de données. Avantages de la solution Socrata :

  • Interactive : l’interface de Socrata permet aux internautes de trier, de masquer ou de compiler les données par ligne ou par colonne.
  • Conversationnelle: les internautes peuvent noter et commenter la base de données
  • Virale : les internautes peuvent partager le Sarkomètre via Delicious, Digg, Facebook et Twitter
  • Ouverte : la base de données peut être librement publiée sur d’autres sites/blogs via un Social Data Player embeddable, il est possible de télécharger la base de donnée sous différent formats ou d’y accéder via l’API Socrata.

En passant par Socrata, le Nouvel Obs respecte tous les codes de l’open data. La base de donnée est libre, et cela représente une petite révolution dans un univers journalistique plutôt enclin à s’accrocher aux droits d’auteurs.

Maintenant cette belle avancée signalée, venons-en aux insuffisances.

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Microenquête au News Challenge, round II

Un post de Jean

Dans : En passant ...

2 fév 2010

Très courte note pour signaler que mon projet Microenquête (outil d’investigation hyperlocale) a été sélectionné début janvier pour la deuxième étape du News Challenge.

Pour rappel, le News Challenge est un concours organisé par une fondation américaine, la Knight Foundation. Doté de 5 millions de dollars, ce concours permet de financer plusieurs projets innovants en matière de journalisme sur le web.

Si vous voulez  + d’informations (et éventuellement voter :) ) sur mon projet Microenquête, c’est par ici.

A noter qu’un autre (bon) projet français au second tour, celui de Nicolas Kaiser-Bril, intitulé Depensespubliques.com, est également au même stade du concours. Pour plus d’infos, c’est par là.

Jean

PS :  et de nouveau, merci à Carole d’ @objectifplume et Peter

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El Mundo a réalisé une couverture multimédia très complète du tremblement de terre en Haïti articulée en cinq parties : Vídeos – Imágenes – Gráficos – Un país pobre – Ayudar. Le produit pêche peut-être un peu en terme de navigation mais il y a des choses très intéressantes notamment dans la partie Gráficos :
1 – Une explication claire sur la manière dont s’est déroulé le tremblement de terre grâce à des infographies : rappel de l’activité sismique du globe et de la zone ; localisation précise des zones touchées par le séisme et les répliques ; focus sur les destructions ; données sur les tremblements de terre dans le monde, etc.
2 – Dans la partie Caracteristicas de une vivienda sismorresistente, la 3 D est utilisée de manière très intelligente pour montrer les différences entre une construction qui a été conçue ou non pour résister à un tremblement de terre.
3 – Bien vu également, la présentation en 3 D du navire hôpital américain le Buque.

Les autres éléments du dossier (vidéos, textes, photos) permettent une bonne compréhension de la situation en Haïti. Bref, un bel exemple de réalisation multimédia que l’on aimerait également voir fleurir dans les médias en ligne français.

Haïti : émotion, icône et vidéo bidon

Un post de Fabrice

Dans : En passant ...

21 jan 2010

Poster prend du temps et malheureusement je n’en ai pas assez ! C’est pourquoi, je poste quotidiennement sur twitter (@espritblog) des liens qui me semblent pertinents  et que j’ai envie de partager avec vous. Sur Haïti, trois papiers ont retenu mon attention d’où ce petit retour.

//. Haïti, « pays maudit » : n’en rajoutez pas ! Je n’ai pas choisi ce papier parce que Jean écrit pour le blog mais tout simplement parce qu’il apporte un éclairage lucide sur la manière dont les médias français « couvrent » Haïti : de l’émotion, des poncifs … et pas beaucoup d’informations. Extrait :

« Non, Haïti n’est pas un pays maudit. Non, Haïti n’a pas été frappé par un mal vaudou. Non, Haïti n’est pas une nation «pathétique» (au sens étymologique) condamnée à vivre dans l’émotion et la souffrance, ballotée par les flots de l’histoire. En mettant sur le dos du destin toutes les souffrances d’un pays, on évite de s’attarder sur les raisons qui ont participé indirectement à cette catastrophe. Si le pays a été balloté, c’est par vingt ans de politique haïtienne erratique et de gouvernance mondiale libérale qui ont contribué à transformer Port-au-Prince en une immense ville bidonville. »

La suite est à lire sur le site de Slate.

//. Haïti: femmes victimes et hommes sauveurs ? Lorsque l’on joue sur le registre de l’émotion, de l’info spectacle, il faut des images qui marquent, des icônes. Il y a eu « l’icône » Neda pour l’Iran (les autres morts sans doute trop mochesphysiquement  ont été passés à la trappe), il y a l’icône aux dreadlocks sortant des décombres pour Haïti. Extrait.

« La presse française, elle, n’a apparemment pas voulu jeter aux oubliettes les vieilles recettes marketing et psy de comptoir qui ont fait, hier, son succès et contribuent peut-être, aujourd’hui, à l’effritement de son lectorat. Dans un grand élan d’originalité, ils  ont en effet tous décidé de mettre à leur « une » des photos de femmes en détresse au milieu des décombres. Sans doute que pour que la communion soit complète, il faille se trouver des « icônes ». Un passage presque obligé depuis le succès de la célèbre « madone » algérienne photographiée par Hocine Zahourar en 1997. « Icône », c’est d’ailleurs le terme qu’Arrêt sur images utilise très justement dans un article montrant que la presse européenne est frappée par le même mal que la presse hexagonale. »

La suite est à lire sur Marianne2.fr.

//. Séismes, mensonges et vidéo ! Ce qui est drôle c’est que les médias pourfendeurs du Net en ont besoin pour alimenter le canal « info sensation » … Et bien souvent la pioche est mauvaise ! La vidéo était censée être tournée depuis l’Ambassade de France en Haïti. Ce n’était qu’un fake construit avec des images de Californie. Plus c’est gros, plus ça passe …

« 13 janvier 2010. 20H30. Bilan des dernières heures : France 3 a présenté la vidéo de notre « ambassade » dans trois éditions. Autres belles prises dans le filet de notre manipulateur : la chaîne d’info BFMTV (qui retire vite la vidéo de l’antenne), qui s’est elle-même fournie auprès du service vidéo de l’AFP. L’Agence s’aperçoit relativement rapidement de son erreur, mais le mal est fait (Citizenside compte parmi ses actionnaires l’AFP, séquence honnêteté).
L’erreur est humaine. Personne n’est infaillible. La fatigue, la pression aidant, un journaliste peut rapidement commettre une erreur.
Je reste étonné par le cas France 3. Trois éditions, jusqu’à 19h30? Avec autant de rédacteurs en chef, de chefs d’édition, de présentateurs?… »

La suite est à lire sur Après la télé.

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