Sans Internet et le numérique, point de salut pour les quotidiens. C’est le message qui a prédominé lors de réunion de l’Association Mondiale des Journaux (AMJ).

“Nous préparons l’ensemble de notre entreprise à un avenir
numérique”, a souligné Simon Waldman, responsable des activités
électroniques du Guardian,
dont le site web est de loin le plus populaire de la presse quotidienne
britannique. “Nous consacrons actuellement 20 % de notre temps au
numérique, dans 6 ou 7 ans ce sera 80 %”.

Autre exemple révélateur: celui d’El Mundo,
deuxième tirage des quotidiens en Espagne après El Pais, mais dont le
site Internet est le plus consulté (750.000 visiteurs uniques/jour) des
journaux européens, devant Bild (Allemagne) et The Guardian, et vient
au premier rang dans le monde hispanique.

Là encore, une stratégie dynamique depuis près de 10 ans a permis au
journal de rendre ce site “très rentable” depuis 2003 (1,3 million
d’euros de profits en 2004), tout en employant 49 journalistes pour
“maîtriser son contenu ».

Les blogs ont leur place

Ce constat sur la “priorité internet” confirme celui du récent
Congrès Mondial des Journaux, organisé par l’AMJ en juin à Séoul, où
les experts prévoyaient pour les prochaines années des journaux plus
petits (format compact) et fortement engagés dans les activités
numériques.

“Nous devons faire partie du web et non être juste sur le web” a
ajouté à ce sujet M. Waldman, soulignant par ailleurs le phénomène
d’interactivité avec les lecteurs, qui devient un élément déterminant
de la stratégie internet des journaux.

Ces concepts de “contribution citoyenne” ou de “journalisme
participatif” forcent les journaux à s’adapter et à multiplier des
échanges - souvent via le système des “blogs” - avec des lecteurs qui
veulent “communiquer, mieux maîtriser leur informations ou encore
défier l’odre établi (des médias)”, a-t-il précisé.

Cette évolution ne va pas sans danger, comme l’a constaté à ses
dépens le Los Angeles Times en juin dernier. Le journal fut forcé
d’annuler au bout de deux jours son expérience dite “Wikitorial” de
contributions extérieures à ses éditoriaux (sur le modèle de
l’encyclopédie Wikipedia sur le net), le site étant inondé de “contenus
inappropriés”.
Mettre en ligne en temps presque réel des photos ou des vidéos tournés
par des particuliers - comme l’a fait The Guardian après les récents
attentats de Londres - apporte un plus aux sites des journaux.

:: Source AFP ::

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