Pour ceux qui avaient suivi mes tribulations avec Africascopie au Mali et au Sénégal à l’automne dernier avec Antonin Sabot, voici quelques papiers publiés dans la presse dans la foulée de notre web-reportage participatif sur la révolution internet et mobile en Afrique.

Et Africascopie va bientôt se décliner en mode multimédia. Encore quelques semaines de patience (et pour nous quelques jours de boulot)…

Jean Abbiateci

Internet … ?

Un post de Fabrice

Dans : Coup de cœur

27 fév 2010

JESS3 / The State of The Internet from Jesse Thomas on Vimeo.

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Aujourd’hui, zoom sur Rencontres Africaines, un projet au long cours mené par deux jeunes journalistes, Florian Laval et Joan Vigouroux. Entamé avec la coupe d’Afrique des Nations en Angola, leur périple s’achèvera avec la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Soit 7 mois de reportage !

L’idée de ces deux passionnés : partir à la rencontre de l’Afrique, au travers cet angle qui permet de s’affranchir des représentations misérabilistes sur l’Afrique.

C’est ici : www.rencontres-africaines.org

Et pour écouter la présentation du projet (très marrante !) dans l’émission Afrique Enchantée de France Inter, c’est là :

Sur la forme : si la partie carnet de voyage est sans doute la partie la moins convaincante, eu égard à la maquette du blog qui rend la lecture des articles pas forcément aisée (même si les papiers sont bien écrits), la partie vidéo du projet est en revanche une très belle réussite.

Dans des conditions techniques pas forcément évidentes (voir plus bas), Rencontres Africaines produit très régulièrement des reportages vidéos de bonne qualité (+ quelques diaporamas soundslides), croquant des personnages attachants. Plusieurs de leurs vidéos ont d’ailleurs été diffusées sur la chaîne Orange Sport.

Voir leur chaine Dailymotion

Parmi les sujets les plus sympas, ce portrait de Sergio, jeune footballeur mais surtout grand fan de Michaël Jackson.

D’une manière plus générale, la motivation et la façon dont ces deux jeunes journalistes ont trouvé l’argent pour leur projet (un budget de 60 000 euros), forcent l’admiration. Florian Laval, l’un des membres du binôme, raconte les coulisses du périple.

Le financement du projet

« Le projet a été financé pour 50% sur fonds propres (économies perso et soutiens des proches) et 50% de partenaires extérieurs (en particulier la Région Aquitaine, le Défis Jeune, mais aussi quelques sponsors privés). Nous avons aussi mis en place des partenariats en industries : le site internet a été crée par un ami, le matériel audiovisuel a été mis à disposition par une association co-productrice (Garage Films). Nous avons réussi à vendre durant la CAN plsuieurs reportages vidéo à la chaine Orange TV. »

Le matériel utilisé

« Nous avons deux moyens pour filmer : une caméra Panasonic AG DVX 100 et un appareil photo reflex Canon 500D qui filme en HD. Pour la prise de son : un micro enregistreur Zoom H4, un micro HF, un micro ambiance et un micro poing (tous branchés via des câbles XLR). Pour la photo : le Canon 500D (avec deux objectifs : 18-55 et une focale fixe 50 mm) et un reflex Pentax K100D (trois objectifs : 18-55, 70-300 et 30mm). »

Le choix des angles

« Nous avons toujours peur de tomber dans les clichés misérabilistes ou exotiques. Exemple : doit-on éviter de filmer les gamins qui jouent au football avec un sac plastique alors qu’ils ont juste oublié leur vrai ballon de football ? Est ce qu’on doit faire le sujet « tarte à la crème » sur les supporters marabouts dans les stades durant la CAN ? N’abuse-t-on pas trop des plans « petits enfants angolais innocents » ? Notre thématique autour du football nous pose aussi quelques questions : comment varier nos sujets, nos images, comment bien montrer les spécificités des pays que nous visitons ? »

Principaux problèmes rencontrés

« Concernant le format pour une diffusion TV : nous n’avions pas prévu de vendre des sujets à une télévision avant de partir. Notre matériel et les formats de montage et d’export de nos vidéos nous ont posé beaucoup de problèmes avant de pouvoir être diffusables en télé. Sans l’aide d’un technicien Orange nous n’aurions pas pu y arriver… Quant aux appareils photo, ils font de belles vidéo en HD, mais c’est un casse tête après pour une diffusion TV ou pour les assembler sur un montage avec des images prises par une caméra classique. Enfin, il nous est souvent difficile de trouver une bonne connexion internet pour pouvoir uploader nos vidéos… »

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Les outils multimédias à la radio !

Un post de Fabrice

Dans : En passant ...

17 fév 2010

Nous avons eu le plaisir  avec Xavier Delengaigne de présenter notre livre,  les outils multimédias du web,  dans le cadre de  l’Atelier des médias diffusé sur RFI (Radio France Internationale). Un grand merci à  Philippe Couve pour son invitation. Le podcast est disponible sur le site de l’émission. Bonne écoute !

Un journaliste payé par ses lecteurs ?

Un post de Jean

Dans : En passant ...

12 fév 2010

L’hebdomadaire culturel Télérama vient de publier mercredi un assez bon article intitulé Journaliste à louer. Le papier pose notamment cette question : un lecteur peut-il directement financer le travail d’un journaliste ?

Certes, l’idée du « crowdsfunding » (« financement par la foule ») n’est pas nouvelle ; elle est aujourd’hui très tendance et parfois un peu « tarte à la crème » (le financement d’une partie du travail journalistique par les lecteurs, c’est quand même l’un des piliers de l’économie de la presse écrite).

Mais cette idée d’instaurer une relation directe entre un journaliste et une communauté d’internaute-financeurs, n’en constitue pas moins une piste intéressante pour l’avenir de notre métier. Elle a le mérite de redonner de la valeur au travail de qualité.

Et à ce petit jeu là, il me semble que les journalistes et photojournalistes indépendants, plus réactifs, plus conscients de leur « valeur » et de leur « marque », habitués à jongler avec les financements multiples, sont les mieux a même de tirer leur épingle du jeu.

En tout, cela donne envie d’être testé grandeur nature :) !

Voici donc quelques liens pour aller plus loin + quelques réflexions personnelles. Cette sélection et ses idées sont bien évidemment ouvertes aux suggestions et ajouts.

1. Le principe du « crowdfunding »

Journaliste à louer

Le papier original de Télérama signé Emmanuelle Anizon

Le crowdfounding et ses limites

Une analyste intéressante par un jeune journaliste, Florent Chevallier.

Lessons in crowdfunding (en anglais)

Retour d’expérience passionnant par David Cohn, fondateur de Spot.us (dont on peut retrouver l’interview sur Espritblog ici).

2. Les expériences menées

Le photojournaliste Zoriah

(et tout récemment Frédéric Sautereau, de l’Oeil Public)

La journaliste américaine Paige Williams

Cette journaliste freelance américain a  lancé un appel au don pour un projet de reportage estimé à 2000 dollars.

- Le projet Spot.us

Pour ceux qui ne connaissent pas, ce projet américain permet aux internautes intéressés par une problématique locale de financer le travail d’investigation d’un journaliste freelance.

Spot.Us – for reporters
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A titre personnel, voici simplement quelques réflexions en vrac (et à enrichir).

- La communauté d’internautes-lecteurs ne pourra jamais être l’unique source de financement d’un reportage ou d’une enquête (voir le panorama des pistes possibles sur ce très bon post de blog de Pierre Morel).

- Le processus ne peut être qu’artisanal et direct, établissant une relation de confiance entre le journaliste et ses contributeurs. Pas d’intermédiaire.

- Il faut évidemment avoir su tisser une communauté autour de son travail. La communauté est différente d’un réseau : ce n’est pas à qui aura le plus d’amis sur Twitter ou Facebook, mais à qui aura su fédérer des fidèles sur un travail journalistique donné (comme peuvent le faire certains blogueurs-journalistes).

- le contributeur paiera pour un projet à valeur ajoutée (reportage, investigation), pas pour des tweets, de l’analyse, de la veille ou des papiers « bas de gamme ». Le contributeur paiera donc pour de l’information « rare » et pour des sujets « magazine » (donc moins périssable), pas pour du news.

- le contributeur ne s’engagera pas financièrement sur un « projet » ou un « synopsis ». Il faut déjà que le journaliste soit déjà  engagé dans la démarche, qu’il ait fait ses preuves, qu’il ait de la matière à montrer pour attirer le chaland !

- le journaliste doit donner de sa personne. L’argument de dire « donnez-moi, parce que mon travail est important » ne suffit pas ; il faut susciter le désir de donner, convaincre, partager, donner un peu de « chair » à ses motivations. Bloguer est surement le moyen le plus simple de le faire.

- Le contributeur ne paiera jamais pour « rien ». Il faut une « compensation », une « exclusivité » : un livre à la clé, l’accès à un contenu exclusif, une rencontre avec le journaliste…

- la transparence (relative, il ne s’agit pas de justifier chaque ticket de métro dépensé !) sur l’utilisation de l’argent est une nécessité.

Jean Abbiateci

crédit photo CC : alancleaver_2000

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L’Oeil du Viseur, saison II

Un post de Jean

Dans : Blog Actu| Photographie

10 fév 2010

Nous sommes heureux de vous annoncer que l’Oeil du Viseur reprend du service. Lancé en juin dernier, ce projet de photoblog multimédia avait reçu de bons échos, aussi bien de la part des internautes (15 000 visiteurs uniques) que des médias (petite revue de presse).

Cependant, ce projet 100 % bénévole et 100 % non-lucratif (aussi bien du côté des photographes que du côté des animateurs) est, il faut le reconnaître, assez chronophage.

C’est donc Céline Diais, étudiante en journalisme à l’IJBA et passionnée par le projet qui nous a contactés et nous a poussés à relancer le photoblog. C’est elle qui a réalisé et réalisera la plupart des interviews que vous pourrez entendre sur le site. Vous pouvez la contacter par email à oeilduviseur(at)gmail.com.

Le rythme de l’Oeil du Viseur sera beaucoup plus cool, avec une image par semaine. Le concept lui ne change pas : parler des coulisses des photos de presse, du hors champ. Nous remercions à nouveau les photographes de se se prêter gracieusement au jeu de l’introspection photographique.

C’est toujours ici : www. oeilduviseur.com

Bonnes découvertes photographiques.

PS : vous pouvez retrouver la première saison de l’Oeil du Viseur sur notre nouvelle photo-carte.

Guest star sur Espritblog. Etudiante en 5e année à Sciences Po Rennes,  Caroline Goulard tient un blog Database Journalism où elle partage ses pistes de réflexions sur  le lancement d’un prototype de site d’information orientée journalisme de données. C’est avec plaisir que nous lui avons proposé  de diffuser sur espritblog cet article que nous avons lu avec intérêt.

Avec son Sarkomètre, le Nouvel Obs a mis un pied dans les données structurées. Une avancée incontestable, mais si timide qu’elle souligne finalement l’ampleur du fossé  qui sépare encore la presse traditionnelle de la visualisation de données.

Reprenons. Le 1er février dernier, lenouvelobs.com publiait un tableau récapitulant, pour 113 promesses  formulées par Nicolas Sarkozy pendant la dernière campagne présidentielle, si l’engagement a été tenu, oublié ou engagé.

La base de données constituée par les journalistes comprend également, pour chaque promesse, sa thématique, la déclaration originelle du candidat Sarkozy, et un commentaire de la rédaction du Nouvel Observateur.

Il s’agit effectivement d’une démarche de structuration de données : publier dans un tableau ce qui d’ordinaire est publié par le Nouvel Obs sous forme d’article, de récit, en croisant des indicateurs (thème, promesse, déclaration, réalisation, commentaire) et des variables (les 113 promesses).

Le Nouvel Obs reprend ici la démarche de Politifact, avec son Obameter (The Obameter : Tracking Obama’s Campaign Promises), qui a noté plus de 500 promesses faites par Barack Obama pendant sa dernière campagne selon leur degré de réalisation (Promise Kept, Compromise, Promise Broken, Stalled, In the Works, Not yet rated).

Politifact est un projet de journalisme innovant lancé par Matt Waite au sein du St. Petersburg Time en 2008, pendant la campagne pour les élections présidentielles aux Etats-Unis : le site évaluait la véracité des propos tenus par les hommes politiques sur une échelle allant de « True » à « False » en passant par « Mostly True », « Half True » et « Barely True ».

Revenons d’abord sur le principal bon point du Sarkomètre : il a été publié via Socrata, une plateforme d’hébergement et de publication de bases de données. Avantages de la solution Socrata :

  • Interactive : l’interface de Socrata permet aux internautes de trier, de masquer ou de compiler les données par ligne ou par colonne.
  • Conversationnelle: les internautes peuvent noter et commenter la base de données
  • Virale : les internautes peuvent partager le Sarkomètre via Delicious, Digg, Facebook et Twitter
  • Ouverte : la base de données peut être librement publiée sur d’autres sites/blogs via un Social Data Player embeddable, il est possible de télécharger la base de donnée sous différent formats ou d’y accéder via l’API Socrata.

En passant par Socrata, le Nouvel Obs respecte tous les codes de l’open data. La base de donnée est libre, et cela représente une petite révolution dans un univers journalistique plutôt enclin à s’accrocher aux droits d’auteurs.

Maintenant cette belle avancée signalée, venons-en aux insuffisances.

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